À retenir
Il n'existe pas d'ordre unique, mais un fil logique : un titre sur le terrain (la promesse) avant le contrat de construction (CCMI), l'offre de prêt pendant que le permis s'instruit, et l'acte de vente du terrain une fois le permis purgé de recours. Chaque contrat doit porter les mêmes conditions suspensives, avec des dates qui s'emboîtent.
Dans quel ordre signer, en pratique ?
Les ordres varient d'un dossier à l'autre. Voici un ordre fréquent pour un terrain acheté puis construit par un constructeur, déduit des règles ci-dessous. Les étapes 2 à 4 se chevauchent souvent.
Étape 0, avant tout : l'accord de principe de la banque. Demandez à votre banque ce que vous pouvez emprunter pour le terrain et la construction. Ce n'est pas une offre de prêt : il n'engage en principe ni elle ni vous (à confirmer avec elle). Il évite de promettre un prix que vous ne pourrez pas financer. Pour le terrain seul, voir aussi Acheter un terrain à bâtir.
1. Le certificat d'urbanisme, pour savoir si le terrain est constructible (voir Certificat d'urbanisme). 2. La promesse de vente du terrain, avec ses conditions suspensives (voir Promesse de vente d'un terrain). 3. Le CCMI, signé sous conditions suspensives. Le jour de la signature, vous devez déjà avoir un titre sur le terrain : propriété, droits permettant de construire ou promesse de vente (Cour de cassation, 14 mai 2020, n° 18-21.281). 4. Le dépôt du permis de construire, puis l'instruction, l'affichage et les délais de recours. 5. L'offre de prêt, acceptée après son délai de réflexion. 6. L'acte de vente du terrain, chez le notaire, une fois le permis purgé de recours et de retrait. 7. L'assurance dommages-ouvrage et l'attestation de garantie de livraison, au plus tard à l'ouverture du chantier. Le nom du garant se demande avant de signer le CCMI : voir Choisir un constructeur.
Pourquoi la promesse d'abord ? Parce que le CCMI suppose un droit sur le terrain, et que la promesse bloque le prix tout en vous protégeant, par ses conditions suspensives, si le permis échoue. Pourquoi l'acte en dernier ? Parce qu'il est définitif : vous ne le signez qu'une fois les conditions réalisées.
Votre banque a aussi sa liste de pièces. Selon l'établissement, l'offre de prêt peut exiger le contrat signé ou le permis : demandez-la dès le début, avant de fixer vos dates.
Et le « contrat de réservation » du constructeur ?
Certains constructeurs proposent un document préalable : « réservation », « bon pour accord », « lettre d'intention ». Les sources consultées pour ce guide (ANIL, code de la construction) ne décrivent pas un tel document. Règle simple : faites relire par le notaire ou votre ADIL (agence départementale pour l'information sur le logement) tout document qui engage un prix ou une somme avant le CCMI, avant de le signer. Trois réflexes :
- Lisez ce qu'il engage : un prix, un délai, une somme perdue si vous renoncez.
- Retenez la règle de l'ANIL : aucune somme ne doit être versée avant la signature du contrat. Après la signature, seuls sont admis un dépôt de garantie de 3 % au plus du prix (compte spécial à votre nom), ou, avec une garantie de remboursement, 5 % à la signature puis 5 % à la délivrance du permis, soit 10 % au total avant l'ouverture du chantier (CCH, art. L231-4 et R231-8 ; vérifiez les pourcentages dans le texte en vigueur).
- Demandez que le document soit remplacé par le CCMI signé, ou que la somme versée soit restituable intégralement. La loi sanctionne un versement exigé hors de ces cas (art. L241-1, à vérifier).
Quelles conditions suspensives faut-il croiser ?
Une condition suspensive est une clause qui suspend un contrat à un événement. Le CCMI peut être signé avant que les conditions soient réalisées, à condition de dire qu'il tombe si elles ne le sont pas à la date prévue, au plus tard à l'ouverture du chantier. Les sommes versées sont alors remboursées (ANIL, art. L231-4).
| Condition | Dans la promesse du terrain | Dans le CCMI |
|---|---|---|
| Obtenir le terrain | Objet de l'acte | Possible, si vous avez une promesse (art. L231-4) |
| Obtenir le permis | Permis purgé de recours, à écrire | À écrire (art. L231-4) |
| Obtenir le prêt | Un mois minimum légal, souvent plus pour un prêt de construction (code de la consommation, art. L313-40 et L313-41) | À écrire (art. L231-4) |
| Assurance dommages-ouvrage | Non | À écrire (art. L231-4) |
| Garantie de livraison | Non | À écrire : attestation au plus tard à l'ouverture (art. L231-4, à vérifier) |
- Condition
- Obtenir le terrain
- Dans la promesse du terrain
- Objet de l'acte
- Dans le CCMI
- Possible, si vous avez une promesse (art. L231-4)
- Condition
- Obtenir le permis
- Dans la promesse du terrain
- Permis purgé de recours, à écrire
- Dans le CCMI
- À écrire (art. L231-4)
- Condition
- Obtenir le prêt
- Dans la promesse du terrain
- Un mois minimum légal, souvent plus pour un prêt de construction (code de la consommation, art. L313-40 et L313-41)
- Dans le CCMI
- À écrire (art. L231-4)
- Condition
- Assurance dommages-ouvrage
- Dans la promesse du terrain
- Non
- Dans le CCMI
- À écrire (art. L231-4)
- Condition
- Garantie de livraison
- Dans la promesse du terrain
- Non
- Dans le CCMI
- À écrire : attestation au plus tard à l'ouverture (art. L231-4, à vérifier)
Les deux pièges les plus fréquents sont les suivants.
- La promesse expire trop tôt. Si le permis n'est pas purgé de recours à la fin de la promesse, vous perdez la protection de la promesse, ou le terrain. Pour prouver qu'il est purgé, demandez à la mairie une attestation de non-recours et de non-retrait, et gardez la preuve de l'affichage (voir Recours des tiers contre un permis). Aucun texte ne l'impose : écrivez dans la promesse la pièce attendue, avec votre notaire.
- Les conditions ne sont pas les mêmes partout. Un CCMI qui oublie la condition « terrain » peut vous lier au constructeur alors que la vente échoue. Une promesse qui oublie le prêt de construction vous laisse acheter sans pouvoir bâtir (ANIL : un projet de maison demande souvent deux financements).
Pour le détail des garanties, voir le guide Garanties de la construction d'une maison neuve et le guide Assurance dommages-ouvrage.
Quels délais s'emboîtent ?
| Délai | Durée | Texte |
|---|---|---|
| Rétractation du CCMI | 10 jours, à partir du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée | CCH, art. L271-1 |
| Instruction d'un permis de maison individuelle | 2 mois à partir d'un dossier complet | Code de l'urbanisme, art. R423-23 |
| Recours des tiers | 2 mois, à partir du premier jour d'un affichage continu | Art. R600-2 |
| Retrait par la mairie | 3 mois à partir de la décision | Art. L424-5 |
| Offre de prêt : validité | 30 jours au moins | Code de la consommation, art. L313-34 |
| Offre de prêt : réflexion | 10 jours avant de pouvoir l'accepter | Art. L313-34 |
| Condition de prêt dans la vente | Un mois minimum légal ; un prêt pour construire demande souvent plus | Art. L313-40 et L313-41 |
- Délai
- Rétractation du CCMI
- Durée
- 10 jours, à partir du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée
- Texte
- CCH, art. L271-1
- Délai
- Instruction d'un permis de maison individuelle
- Durée
- 2 mois à partir d'un dossier complet
- Texte
- Code de l'urbanisme, art. R423-23
- Délai
- Recours des tiers
- Durée
- 2 mois, à partir du premier jour d'un affichage continu
- Texte
- Art. R600-2
- Délai
- Retrait par la mairie
- Durée
- 3 mois à partir de la décision
- Texte
- Art. L424-5
- Délai
- Offre de prêt : validité
- Durée
- 30 jours au moins
- Texte
- Code de la consommation, art. L313-34
- Délai
- Offre de prêt : réflexion
- Durée
- 10 jours avant de pouvoir l'accepter
- Texte
- Art. L313-34
- Délai
- Condition de prêt dans la vente
- Durée
- Un mois minimum légal ; un prêt pour construire demande souvent plus
- Texte
- Art. L313-40 et L313-41
Vérifiez le texte en vigueur pour chaque délai. Pour la rétractation, si le dernier jour tombe un week-end ou un jour férié, il est reporté au jour ouvrable suivant.
Règle simple : la date limite de la condition de permis du CCMI doit tomber après l'instruction, le recours et le retrait. Celle du prêt doit laisser le temps de recevoir l'offre et de la réfléchir : un mois est un plancher, pas une cible. La durée de la promesse doit couvrir l'ensemble, avec une marge.
Un calendrier fictif, étape par étape
Cet exemple est inventé. Les dates sont rondes pour qu'on suive le fil ; les vôtres dépendent de la mairie, de la banque et du notaire.
| Date (fictive) | Événement | Délai |
|---|---|---|
| 3 mars | Promesse de vente du terrain, valable jusqu'au 30 septembre | Conditions : permis purgé, prêt |
| 17 mars | Signature du CCMI sous conditions suspensives | Lettre recommandée présentée le 20 mars |
| 24 mars | Dépôt du permis, dossier complet | Le contrat dit qui le dépose |
| 30 mars | Fin du délai de rétractation | 10 jours à partir du 21 mars |
| 24 mai | Décision de la mairie | 2 mois d'instruction |
| 10 juin | Réception de l'offre de prêt | Acceptation possible à partir du 21 juin |
| 25 juillet | Fin du recours des tiers | 2 mois d'affichage depuis le 25 mai |
| 31 juillet | Date limite de la condition de prêt du CCMI | Prévue au contrat |
| 24 août | Fin du délai de retrait par la mairie | 3 mois depuis la décision |
| 9 septembre | Acte de vente du terrain chez le notaire | Permis purgé |
| Septembre | Dommages-ouvrage souscrite, garantie de livraison remise | Avant l'ouverture |
| Octobre | Ouverture du chantier | Toutes conditions levées |
- Date (fictive)
- 3 mars
- Événement
- Promesse de vente du terrain, valable jusqu'au 30 septembre
- Délai
- Conditions : permis purgé, prêt
- Date (fictive)
- 17 mars
- Événement
- Signature du CCMI sous conditions suspensives
- Délai
- Lettre recommandée présentée le 20 mars
- Date (fictive)
- 24 mars
- Événement
- Dépôt du permis, dossier complet
- Délai
- Le contrat dit qui le dépose
- Date (fictive)
- 30 mars
- Événement
- Fin du délai de rétractation
- Délai
- 10 jours à partir du 21 mars
- Date (fictive)
- 24 mai
- Événement
- Décision de la mairie
- Délai
- 2 mois d'instruction
- Date (fictive)
- 10 juin
- Événement
- Réception de l'offre de prêt
- Délai
- Acceptation possible à partir du 21 juin
- Date (fictive)
- 25 juillet
- Événement
- Fin du recours des tiers
- Délai
- 2 mois d'affichage depuis le 25 mai
- Date (fictive)
- 31 juillet
- Événement
- Date limite de la condition de prêt du CCMI
- Délai
- Prévue au contrat
- Date (fictive)
- 24 août
- Événement
- Fin du délai de retrait par la mairie
- Délai
- 3 mois depuis la décision
- Date (fictive)
- 9 septembre
- Événement
- Acte de vente du terrain chez le notaire
- Délai
- Permis purgé
- Date (fictive)
- Septembre
- Événement
- Dommages-ouvrage souscrite, garantie de livraison remise
- Délai
- Avant l'ouverture
- Date (fictive)
- Octobre
- Événement
- Ouverture du chantier
- Délai
- Toutes conditions levées
Dans cet exemple, il s'écoule environ six mois entre la promesse et l'acte. La promesse tient jusqu'au 30 septembre, soit trois semaines de marge après l'acte.
Que faire si un délai glisse ?
Une mairie qui réclame des pièces, une banque lente ou un recours déplacent les dates. Pour le permis, la mairie écrit dans le mois suivant le dépôt, et vous avez trois mois pour répondre : voir Permis de construire : délais et démarches. Un recours d'un voisin se traite dans le guide Recours des tiers contre un permis.
- Demandez par écrit une prolongation de la promesse avant son échéance, signée par le vendeur.
- Alignez ensuite les dates du CCMI et du prêt sur la nouvelle date.
- Ne signez pas l'acte du terrain si une condition essentielle n'est pas levée sans avoir demandé conseil au notaire.
Pour la suite, voir le guide Prêt de construction : déblocage des fonds et le guide Le CCMI : étapes, protections et appels de fonds.
Une frise pour ne rien rater
Pilars place sur une frise les jalons et les délais légaux du permis à la réception, avec le texte qui les fixe. Le parcours complet est sur l'accueil, à l'étape « Les autorisations ».
Cette page est une information générale, pas un conseil juridique. Seuls le notaire et, pour le contrat, un professionnel du droit peuvent apprécier votre dossier : faites relire chaque acte avant de signer.
Questions fréquentes
Faut-il signer le terrain avant le contrat de construction ?
Il faut au moins un titre sur le terrain le jour de la signature du CCMI : propriété, droit de construire ou promesse de vente (Cour de cassation, 14 mai 2020, n° 18-21.281). Le plus courant est donc la promesse du terrain d'abord, puis le CCMI, puis l'acte de vente.
Le délai de rétractation de 10 jours vaut-il pour les deux contrats ?
Il vaut pour le CCMI (CCH, art. L271-1). Pour un terrain à bâtir seul, il ne vaut en principe pas hors lotissement (ANIL ; Cour de cassation, 4 février 2016), avec des cas possibles en lotissement : voir [Acheter un terrain à bâtir](/guides/achat-terrain-etapes). Demandez au notaire avant de signer.
Que se passe-t-il si j'ai signé le CCMI mais que le prêt est refusé ?
Si le prêt est une condition suspensive du CCMI, le contrat ne s'applique pas et les sommes versées vous sont remboursées (art. L231-4). Sans cette condition, vous risquez de rester engagé. Vérifiez qu'elle figure aussi dans la promesse du terrain.
Combien de temps dure l'offre de prêt ?
Une fois reçue, l'offre engage la banque pendant 30 jours au moins. Vous ne pouvez l'accepter qu'après un délai de réflexion de 10 jours (code de la consommation, art. L313-34, d'après l'ANIL). Vérifiez ces délais dans votre offre.
Peut-on verser de l'argent au constructeur avant la signature ?
L'ANIL indique qu'aucune somme ne doit être versée avant la signature. Après, seuls un dépôt de garantie de 3 % au plus du prix ou des paiements couverts par une garantie de remboursement sont admis (art. L231-4, R231-8).
Sources
Textes consultés à la date indiquée. Ce guide informe ; il ne remplace ni votre contrat, ni l'avis d'un professionnel.
- 1.Le contrat de construction de maison individuelle : précautions et vérificationsANIL · consulté le 24 octobre 2026
- 2.Code de la construction et de l'habitation, art. L231-4 (conditions suspensives, dépôt de garantie)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 3.Code de la construction et de l'habitation, art. L271-1 (délai de rétractation de dix jours)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 4.Code de la construction et de l'habitation, art. R231-8 (paiements avant l'ouverture, garantie de remboursement)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 5.Cour de cassation, 3e chambre civile, 14 mai 2020, n° 18-21.281 (titre sur le terrain et condition suspensive d'acquisition)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 6.Achat d'un terrain : les précautions et modalitésANIL · consulté le 24 octobre 2026
- 7.Contrat de crédit immobilierANIL · consulté le 24 octobre 2026
- 8.Condition suspensive de prêt : comment l'actionner ou s'y opposer (code de la consommation, art. L313-40 et L313-41)Cabinet Simonnet Avocat · consulté le 24 octobre 2026
- 9.La vente d'un terrain à bâtirNotaires de France · consulté le 24 octobre 2026
- 10.Code de l'urbanisme, art. R423-17 à R423-37-3 (délais d'instruction)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 11.Code de l'urbanisme, art. R600-2 (délai de recours des tiers)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
- 12.Code de l'urbanisme, art. L424-5 (retrait d'un permis par la mairie)Légifrance · consulté le 24 octobre 2026
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